ressources suplémentaires

Site: Plateforme pédagogique de l'Université Sétif2
Cours: Introduction à la didactique du français langue étrangère.
Livre: ressources suplémentaires
Imprimé par: Guest user
Date: Thursday 23 May 2024, 13:46

1. approche anarchique

l'approche anarchique

Les avancées de la science et de la technologie ont apportées des modifications notables et indispensables dans les méthodes et les stratégies d’acquisition des connaissances de l’homme. Prenant en compte les différentes utilités et facilités qu’offre l’introduction de ces avancées scientifiques et technologiques en éducation , les pédagogues contemporains parlent aujourd’hui des TIC en éducation pour rendre compte de ces nouvelles approches inévitables dans le processus d’apprentissage. Rappelons qu’une approche pédagogique peut s’entendre comme l’ensemble de démarches et méthodes utilisées dans l’éducation. Or, les TIC, entendues Technologies de l’Information et de la Communication, en s’incorporant dans la pédagogie, apportent bien de problèmes nouveaux. Les questions de la relation éducative, du rapport de l’éduqué et de l’éducateur avec le contenu éducatif et bien d’autres sont à repenser. Un tel sujet, tout en tenant compte des sensibilités individuelles et des orientations pédagogiques de divers éducateurs, doit évoluer autour d’une problématique bien circonscrite.
Notre approche de cette thématique sur les TIC en pédagogie éducative veut mettre en exergue la démarche qu’utilise l’éducateur pour stimuler les éduqués à se familiariser et à utiliser les TIC dans leur processus d’éducation. Nous pourrons ainsi faire ressortir les modifications qu’apportent les TIC en pédagogie. En tenant compte des observations faites par bien de chercheurs intéressés par la problématique des TIC en éducation, nous voulons exposer succinctement les idées de Jacques Wallet à ce sujet, quitte à les compléter par les apports plus ou moins concordants d’autres penseurs. 
Nous évoluerons en suivant un plan tripartite à savoir : l’historicité et généralité des TIC, les différentes approches et la portée philosophique de ce travail autour de la question peut-on se passer des TIC en pédagogie?

I. Approche historico générale des pédagogies et les T.I.C

S’intéresser à l’approche des TIC en éducation, c’est aussi prendre en compte non seulement l’histoire de leur entrée en éducation, mais aussi la généralité des approches des TIC. Ceci afin de mieux cerner l’évolution de leurs influences et les changements apportés dans tout le processus éducatif.

1. Historicité de l’approche des TIC
Si une typologie des typologies des usages des TIC en éducation donne un regard panoramique de vingt quatre auteurs sur une période de vingt trois années, allant de 1980 à 2003 , il ne manque pas d’auteur qui situe l’influence des TIC bien plus tard. Dans une enquête sur l’intégration des TIC dans les écoles sur une période de dix ans, Guidotti pense que le principal problème est celui du coût d’investissement qui demeure un défit important. Ce qui n’empêche pas pour autant d’établir un plan standard d’accommodation des écoles avec les TIC.
De plus on constate que malgré la relative lenteur dans l’intégration des TIC dans tous les milieux éducatifs, surtout dans les pays en voie développement, que le comportement des éduqués à se servir des TIC évolue très positivement. Les travaux de Bernard Le Vot confortent cette idée. Il montre qu’entre 1996 et 2000, le nombre de message échangé entre professeurs et étudiants au Forum national est passé de 100 à 580. Décidément il y a lieu d’affirmer un changement réel du rapport de l’élève au savoir.
Etant entendu le vaste champ dans lequel les TIC sont utilisées en pédagogie, nous nous fions aux travaux de Watts qui en offre une synthétisé. Nous constatons en effet que la compréhension de Watts sur l’utilisation de l’ordinateur et donc des TIC dans l’éducation en général est assez pertinente. En énumérant les douze possibilités d’usage des TIC dans une école par exemple, il jette comme une grille récapitulative de l’utilité des TIC en éducation. De fait, de 1981 à 2003, il y a une réelle facilité à ramener plusieurs typologies proposées par d’autres auteurs à celle de Watts, selon que celles-ci apportent une innovation ou pas.

2. Généralité dans l’approche des TIC
Plusieurs raisons sont à la base de l’usage des TIC en pédagogie. En plus de l’idée d’utiliser les moyens qu’offrent la science et les nouvelles technologies pour faciliter le travail pédagogique, on note chez certains auteurs la volonté d’user les TIC pour fonder la crédibilité des résultats des sciences . Notons d’emblée que l’introduction des TIC en pédagogie relève de nos jours d’une nécessité, voire d’une obligation de « faire évoluer les contenus et les compétences à enseigner » comme le pense Glilles Braun . Eu égard aux constats consensuels de Jacques Wallet sur quelques méthodes émergentes d’utilisation des TIC, nous pouvons aborder les différentes approches selon des critères sociaux, ethniques, spatio-temporels, de perspicacité, voire public, etc.
-Approche techno-centrée et approche ethno-centrée : Elles sont dites dépassées, eu égard à leur penchant traditionnaliste et à leurs attachement à certaines valeurs qui font appel à la dureté. Mais elles débattent des TIC et se fondent sur des principes de type culturels ou de types économiques. La motivation de l’apport de la modernité tient aussi compte des tendances à l’imitation de ce qui se fait ailleurs et de la facilitation de l’acte d’apprentissage.
-Approche personnelle et sociale qui porte les éducateurs à se servir des TIC dans la préparation de leur cours et dans les échanges entre collègues. Ce qui permet d’espérer que cette solidarité et partage vécus en amont descende en aval chez les éduqués.
-Approche trop médiatisée qui traduit une utilisation exagérée des TIC. Ce ne sont plus seulement les fins pédagogiques qui justifient l’utilisation des TIC, mais une volonté à peine voilée de montrer une capacité financière et le désir d’utiliser les dernières sorties de la science. De ce fait les TIC cessent d’être des moyens au service de l’éducation pour devenir. L’éducation et toute sa structure risque de devenir une espace favorable pour la publicité des TIC.
-L’approche relationnelle des TIC qui valorise la dimension comparative, en permettant de relier plusieurs établissements scolaires entre elles et rendre possible l’échange des informations et des données intellectuelles.
L’approche spatio-temporelle des TIC qui relativise l’importance accordée à l’usage des TIC en éducation, en tenant compte de son histoire et de la permanence plus ou moins objective des problèmes liés à leurs utilisations.
Ces différentes approches des TIC ne sont pas exhaustives. Il en est qui les regroupe en Six, notamment dans les sciences de l’éducation et les enjeux et finalités d’une discipline. Mais en les observant très attentivement et selon d’autres repères d’analyse, on peut parler de trois approches pédagogiques : réflexive, inductive et d’essai.

II. Les différentes approches pédagogiques et les TIC

En réfléchissant sur les différentes approches des TIC par les pédagogues, nous voulons surtout mettre en exergue le non-dit de leurs démarches. Il sera question de dire ce que ferait un pédagogue qui aborde les TIC de manière dite réflexive, inductive ou tout simplement par essai.

1. Approche réflexive des TIC
a) But de l’approche réflexive des TIC.
L’approche réflexive des TIC se donne pour mission de critiquer les sources des informations. Pour ce faire elle croise les différentes données et s’inscrit dans une incorporation des TIC de manière constructiviste ou intégrationniste.

b) Rappel historique sur l’approche réflexive
Historiquement que cette approche s’inspire amplement des travaux de John Dewey qui fit en 1933 une remarque à la suite des démarches qu’un enseignant doit développer. Selon lui en effet, l’intervention d’un enseignant devrait être le fruit d’un processus de réflexion qui puisse permettre de justifier et de prévoir les conséquences de son action. Ainsi, l’enseignant devrait entreprendre sa planification comme une allure de résolution des problèmes, ceci lui permettra d’expliquer la raison ou le manque d’efficacité de ses interventions.
Schön Donald A. (praticien chercheur du Massachusetts Institute of Technology) les enseignants expérimentés et compétents s’engagent souvent dans une analyse réflexive sur les actions. Cela leur permet de faire face à de nouvelles situations non familières ou problématiques de différentes façons. Cependant il observe deux niveaux de réflexion :
-Analyse réflexive en cours d’action qui consiste à penser dans l’action. L’enseignant sait modifier son action au moment même où il agit selon la situation réelle. Ici, il fait preuve de créativité.
-Analyse réflexive sur l’action qui comporte une démarche plus approfondie. Ici, l’enseignant est conduit à prendre une distance vis-à-vis de sa pratique quotidienne et à s’interroger sur le contenu et les raisons de son enseignement.
Au total, l’analyse réflexive exige cette double réflexion centrée sur les deux niveaux ci-dessus développés. Parce que le souci de s’interroger exige que l’enseignant tienne compte de ses expériences antérieures afin de lui permettre de modifier les expériences ultérieures qui guideront ses nouvelles actions. C’est dans ce processus que l’on peut légitimer le principe de continuité de l’expérience que soutient Dewey.

c) Application directe de cette approche réflexive aux TIC
L’analyse réflexive est un processus continu, car elle encourage un retour de la pensée sur elle-même. Cette approche favorise le développement de la pensée analytique et de l’esprit critique. Elle aide l’enseignant à faire une analyse et une évaluation de ses propres actes en se référant à son répertoire de savoir constitué : savoirs scientifiques et professionnels. Ce savoir constitué de nos jours est le plus souvent numérisé et rendu disponible par les TIC.

2. L’approche constructiviste des TIC
a) Rappel notionnel sur le constructivisme
Issu des travaux de Jean Piaget (1964), le constructivisme émet l’idée qu’un individu confronté à une situation donnée mobilise des structures cognitives ou schèmes opératoires dans le but de construire une vision personnelle des choses. C'est-à-dire que l’apprentissage se construit sur la base d’une activité mentale. Ainsi, en réfléchissant sur nos expériences, nous construisons notre propre vision du monde dans lequel nous vivons. Le constructivisme développe deux principes qui sous tendent l’apprentissage :
-L’assimilation qui est une incorporation des informations de l’environnement au sein de la structure cognitive de l’individu. L’individu ne transforme pas sa structure cognitive mais y ajoute des éléments provenant de son environnement.
-L’accommodation c'est-à-dire que lorsqu’intervient une résistance avec un objet ou une situation de son environnement, le processus d’accommodation modifie le structure cognitive de l’individu afin d’y incorporer les nouveaux éléments de l’expérience.
En outre, le constructivisme est une manière de penser le savoir, la référence pour construire des modèles de l’enseignement, de l’apprentissage et des programmes d’études. Il peut aussi aider à fonder une théorie de la communication. De cette communication découle quelques principes chers au constructivisme
. Apprendre est une recherche de sens. Par conséquent, apprendre doit commencer par des questions autour desquelles les étudiants essaient activement de construire le sens.
. Comprendre le sens exige d’appréhender le tout comme des parties. En fait, les parties qui doivent être comprises dans le contexte du tout. Par conséquent, l’apprentissage se concentre sur des concepts primaires, non sur des faits isolés
. Pour enseigner correctement, il faut comprendre et intégrer les modèles que les étudiants utilisent pour percevoir le monde et les hypothèses qu’ils font pour soutenir ces modèles
. Le but de l’apprentissage est de construire sa propre signification et non pas simplement d’apprendre par cœur les bonnes réponses
En somme, avec la théorie constructiviste, les enseignants se concentrent sur l’établissement de rapports entre les faits et favorisent les nouvelles compréhensions des étudiants, en optant de les faire participer dans leur processus éducatif. Ils adaptent leur enseignement aux réponses des étudiants et les encouragent à analyser, interpréter et prévoir l’information. Ainsi, les enseignants utilisent la méthode des questions ouvertes et favorisent le dialogue, car, les étudiants apprennent mieux quand ils s’approprient la connaissance par l’exploration et l’apprentissage actif. 

3. L’approche intégrationniste des TIC

Cette approche fait la part belle à l’efficacité de l’enseignement et ne critique pas la relation pédagogique. En d’autres termes, c’est l’efficacité finale qui est prise en compte dans cette approche. Les pédagogues usent des TIC dans la mesure où elles favorisent la réussite de leurs enseignements. Parce que cette approche « intégrationniste » admet aussi toute forme de relation éducative, il y lieu de penser que les TIC jouent éventuellement le rôle d’intermédiaire entre les enseignants et les éduqués, étant donnée que la rencontre physique n’est plus une obligation, c’est le résultat positif qui compte.

4. Approche pédagogique inductive et les TIC
Cette approche se préoccupe de donner de nouvelles connaissances et de les développer. Elle se fonde sur la didactique, sa pédagogie doit être centrée sur la personne, car les connaissances doivent être acquises avant même la mise à l’essai des théories ou pratiques. En effet, l’élève part d’une situation donnée par l’enseignant, ce qui suppose un raisonnement causal par analogie. Parce qu’on se réfère aux recommandations de l’enseignant qui est un guide dans le processus éducatif.

Tableau récapitulatif de l’approche inductive
Observation
Activités de manipulation
Hypothèses quant au fonctionnement
Formulation de règles par les étudiants sous la direction de l’enseignant
Raffinement des règles lors des activités ultérieures

NB : il est à retenir que l’approche inductive est inclue dans la démarche constructiviste. Car, nous sommes ici à la recherche de la connaissance que l’enseignant ne peut inculquer à l’étudiant qu’à condition de l’ouverture de l’éduqué qui est au centre de sa propre formation ou éducation.

5. L’approche d’essai des TIC
Cette approche se constitue par une mise en œuvre qui implique que l’on s’imprègne en mettant en pratique ce qui a pu être descellé au cours de la recherche. Ici, nous sommes dans une démarche de production qui se veut expérimentale. Il faut exploiter ce que nous avons découvert dans la recherche, c’est en quelque sorte le « Learning by doing ». Le pédagogue pousse les éduqués à utiliser les TIC sans pour autant leurs donner des explications d’usage. Ce qui fait que l’on y évolue sans repère fiable et même sans possibilité de correction instantanée. Dans cette optique

III. Quelques effets du rapport approches pédagogiques et les TIC

Les facteurs pédagogiques et méthodiques sont les facteurs qui ont trait à tous les aspects conceptuels et méthodiques : conception des programmes informatiques, organisation des enseignements, formation des concepteurs à l’approche technologique. Les TIC peuvent à l’occurrence aider à élaborer les contenus des programmes et constituer au même moment un élément de ces contenus. Elles peuvent aussi servir d’instruments, ou d’outils complémentaires à la réalisation des programmes et objectifs éducatifs.



A. Avantages de l’introduction des TIC dans les approches pédagogiques

Depuis l’idée de se servir des technologies pour des fins éducatives et en particulier en ce qui concerne les fins pédagogiques, on peut déceler une nette facilité dans la transmission, l’organisation et la présentation des savoirs et des valeurs. De même que du côté de l’éducateur, qui peut se réjouir d’un peu plus de liberté. On peut s’en servir comme instrument pédagogique pour conserver des informations, pour la gestion du cheminement de l’étudiant, les calculs statistiques, les exercices de répétition. Nous voyions plus haut, en parlant de l’approche réflexive que la transmission ne peut être efficace que si l’éduqué accepte de s’ouvrir à ce que l’éducateur veut lui apporter ; les TIC apporte des simulations qui permettent à l’éduqué de se sentir impliqué dans la problématique qui lui est proposée. Approche réflexive : les TIC ici permettraient évidemment de contrôler de manière efficace le processus de réflexion, et d’établir les conséquences possibles de toute action pédagogique entreprise. Les TIC apparaissent déterminant dans la mesure où elles permettent de conserver efficacement les bases de données antérieurs et de les transmettre avec autorité aux éduqués. 
Les TIC offrent aussi à l’éduqué un apprentissage non directif, en l’aidant à trouver lui-même les réponses qui conviennent et en promouvant l’effort et la recherche personnelle. L’éducation des jeunes est un domaine extrêmement sensible (car on peut former un monstre), et l’éducation actuelle s’opère de manière totalement anarchique et aléatoire. Cependant avec les TIC, la formation devient standard et communicative, nous dirions même plus sûr. 

B. Limites de l’introduction des TIC dans les approches pédagogiques

Il faut cependant reconnaître avec Monique Linard qu’un aspect fondamental de l’éducation est remis en question ; il s’agit de la relation d’altérité dont l’impact psychologique est universellement reconnu par la communauté des pédagogues. Dans « Des machines et des hommes ; apprendre avec les nouvelles technologies », elle précise que les TIC tendent à inverser les rapports entre les fins et les moyens ; « elles incitent ainsi à réduire toutes les données qualitative de l’expérience en objet quelconque, en laminant leurs différences et en éliminant la dialectique qui les maintient en contrôle réciproque ; avec toutes les dérives de pragmatique borné et totalitaire que cela implique » (Linard, 1990 : 12). Le courant techno centrique met aussi à mal le secteur de l’emploi, qui se retrouve lui aussi fortement influencé par l’omniprésence des nouvelles technologies.
Auparavant, l’esprit avait beaucoup plus de contrainte ; avec les technologies, elle semble confinée et castrée car tout est donné par avance. Les technologies accentue aussi le conflit de l’autorité éducative car le matériel informatique étant toujours nouveau peu être davantage accessible à l’apprenant qui dès lors, connaît plus que son maître.
Les nouvelles technologies apportent un questionnement encore plus grand en ce qui concerne l’acquisition des valeurs sociales et familiales ; surtout pour ceux qui défendent l’omniprésence technologique. Comment serait-il dès lors possible d’évaluer la ponctualité, la discipline ou bien même la rectitude dans le travail ? 





CONCLUSION

Au terme de notre réflexion sur les approches pédagogiques et les TIC, nous retenons que différents approches des TIC sont possibles : techno-centré ou ethno-centré, trop médiatisé ou tout simplement personnalisé ou socialisé. Mais un regard précis sur les différentes démarches pédagogiques offre la possibilité de parler de leur rapport soit réflexif, soit inductive et soit à l’essai des TIC. Ce qui marque ces diverses approches c’est le degré d’influence qu’elles subissent de la part des TIC, c'est-à-dire le degré de changement interne qu’elle qu’adoptent les différentes pédagogies des lors utilisent les TIC. Un changement qui n’est pas que positif ; un changement qui amène à redéfinir les différents rapports classiques en éducation : le rapport au savoir, la relation éducative, l’expressivité du résultat des recherches, etc. Il va donc sans dire que toute approche pédagogique de nos jours devra maitriser les TIC pour mieux les incorporer à leur démarche ou tout aussi bien les tenir à l’écart en toute connaissance de cause.

2. approche interculturelle

Déjà prônée par le Conseil de l’Europe dès les années 1970 pour favoriser la paix, l’éducation interculturelle est devenue une priorité pour les institutions européennes dans les années 1990 et 2000. Les approches interculturelles dans la forme scolaire se présentent à la fois comme un enjeu pour les « minorités », les migrants ou plus généralement l’ensemble des élèves, et comme un défi pour les autorités éducatives chargées de les promouvoir. Il nous a semblé intéressant de montrer comment elles ont été mises en place selon les contextes socioculturels – avec une approche historique et actuelle – en Europe et dans les Amériques. La diversité, qu’elle concerne les groupes ou les individus, est une caractéristique inhérente à toute société. Ces différences identitaires, culturelles, religieuses, etc. nécessitent des capacités de compréhension, de communication et de coopé- ration mutuelles qui soient porteuses d’enrichissement, sous peine de dégénérer sous forme de conflits, de violences et d’atteintes aux droits de l’Homme. Dans un contexte multiculturel, les approches interculturelles en éducation, qui recouvrent de nombreuses thématiques, comme l’apprentissage du « vivre ensemble » ou la citoyenneté démocratique, sont à la base de l’acquisition et de l’apprentissage de la capacité à nouer des relations harmonieuses dans un cadre pacifique. Que ce soit en Europe ou dans les Amériques, les approches interculturelles en éducation visent généralement trois objectifs : « (1) reconnaître et accepter le pluralisme culturel comme une réalité de société ; (2) contribuer à l’instauration d’une société d’égalité de droit et d’équité ; (3) contribuer à l’établissement de relations interethniques harmonieuses » (Pagé, 1993). Les différences apparaissent quant à la manière d’accommoder la prise en compte de la pluralité avec une logique d’égalité. Ainsi, l’éducation interculturelle n’est pas toujours mentionnée telle quelle et peut recouvrir d’autres désignations : éducation multiculturelle, à la citoyenneté, à la démocratie, antiraciste, etc. Dans les trois premiers chapitres de ce dossier, nous allons donc présenter : • ces différentes notions (interculturel, pluriculturel ou multiculturel, interculturalisation, culture, diversité culturelle, identité, altérité) ; • les principales approches de l’interculturel en éducation (éducations multiculturelle, à la diversité, interculturelle ; • les modèles de l’interculturel les plus couramment rencontrés dans les politiques éducatives (assimilation, intégration, multiculturalisme, interculturel) ; • des éléments de comparaison entre les approches relevant des deux orientations les plus représentatives : celles qui tendent vers le modèle de l’interculturel (notamment en Europe, comme en Espagne, en République tchèque et dans une certaine mesure en France), et celles qui relèvent du multiculturel (notamment aux États-Unis, au Canada et en Australie). • Nous dévoilerons également les principaux défis et enjeux actuels de l’éducation interculturelle en Europe pour les institutions européennes, notamment les questions relatives aux minorités, aux religions et aux pédagogies. Les trois derniers chapitres développent avec une approche historique les approches interculturelles en éducation à l’échelle : • de l’Europe (dans la construction européenne, l’éducation à la citoyenneté, l’enseignement des langues, l’éducation des enfants d’immigrants) ; • de la France avec une présentation historique (enseignements de langue et de culture d’origine, classes d’intégration, d’adaptation, cours de rattrapage intégré, projets d’actions éducative, activités interculturelles, ouverture à la diversité, modèle des zones d’éducation prioritaires, la sensibilisation des élèves aux pays en voie de développement, le retour aux valeurs républicaines, le modèle du contrat éducatif local, l’intégration scolaire des enfants allophones, les nouvelles approches à travers le pluralisme et les « éducations à… » ) et une analyse des politiques éducatives relatives à l’interculturel (refus de prise en compte de la diversité, intégration des élèves immigrants, marginalisation ou reconnaissance des cultures minoritaires, indifférence aux différences et discrimination positive, question immigrée et éducation à la citoyenneté)